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STUDIOS DU CHAPEAU ROUGE • VENDREDI
14 AVRIL 2006 • 20 H 30
Soirée " Argentine " :
En présence de
David Futerman, réalisateur
et de Maria-Esther Tello, traductrice du livre Argentine : généalogie de la révolte de Raúl Zibechi.
o 18 h 30 Argentinazo
o 20 h 30 Mémoire d'un saccage, Ours d'Or d'Honneur Festival de Berlin 2004
En collaboration avec la C.N.T. 29.
Mémoire d'un saccage
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Réalisation, scénario, narration : Fernando E. Solanas
Argentine / France / Suisse - 2004 - Couleurs - Documentaire - 2 h
Photo : Fernando E. Solanas, A. Fernández Moujan
Montage : Juan Carlos Macias, Fernando E. Solanas,
Son : J. Kuschnir, M. Dickinson, G. Scheuer, E. Vaucher Musique Gerardo Gandini
Production : Cinesur, ADR Productions, Thelma Film AG
Distribution : Ad Vitam.
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Comment l'Argentine a-t-elle pu voir sa dette passer, en une douzaine d'années, de 54 à 170 milliards de dollars ? Comment un pays aussi riche, capable de nourrir 300 millions de personnes, en est-il venu à importer sa nourriture et à compter 35 000 morts de malnutrition par an ? Comment la nation d'Amérique latine où les droits sociaux étaient les plus avancés a-t-elle bradé ses complexes industriels et énergétiques aux multinationales étrangères, ruiné son système de santé et d'éducation, précipité un cinquième de sa population au chômage et ses retraités à la rue
(...) Sidérante chronique de trahisons sociales, de politiques mafieuses et de dépeçage international, sur fond de carnaval médiatique (Menem, ses rouflaquettes, ses conquêtes), ce réquisitoire mené au pas de charge est un formidable pavé dans la vitrine de la mondialisation. Un de plus. Mais qui, par rapport aux opus de Michael Moore, suscite plus d'étonnement : comment pareille virulence contre les responsables reste-t-elle possible dans un tel pays ? Méchante leçon pour nous. Et comment un tel brû-lot parvient-il à garder cette tenue esthétique ?
Car le plus surprenant, dans Saccage, c'est la puissance expressive de la forme. Autant qu'une démonstration coup de poing, c'est un véritable opéra, alternant, dans une scansion par chapitres, une chorégraphie dynamique de séquences de rue, interviews, moments en rupture de ton, et, pour appuyer l'énoncé dénonciateur, longs travellings dans les architectures nobles d'une démocratie vidée de son sens... Un lyrisme corrosif, époustouflant (...)
Ange-Dominique Bouzet, Libération - 29 septembre 2004.
Le film a un souffle qui n'étonne pas venant de l'auteur de L'Heure des brasiers. Pourtant, si la méthode initiée alors (titres de chapitres, archives, reportages, citations et rôle moteur des musiques et des voix off) se reconnaît, on est loin de l'appel à la révolution par la mobilisation nationale. En quarante ans, l'enjeu s'est déplacé, Solanas n'extrapole plus. Il s'en tient à la rigueur d'une enquête prolongée par l'analyse. C'est au terme d'une démarche documentée, moins idéologique que rationnelle, qu'il identifie la cohérence des phénomènes qui ont participé à un système meurtrier : le film est un essai autant qu'un pamphlet.
Solanas y intervient à charge, avec une émotion imprécatrice qu'explique son apparition dans des plans de mai 1991, où on le voit marcher avec des béquilles : comme d'autres opposants à Carlos Menem poursuivis en justice par le président, il avait été victime d'un attentat (...). (...) Certes, la thèse y est réitérée, martelée, mais elle est seconde, le cinéma est premier et d'une puissance formelle qui métamorphose le réquisitoire en manifeste superbe.
(...)
En octobre 2001, sursaut de la société, Menem jette l'éponge, Nestor Kirchner est élu. Solanas filme " la première victoire contre la mondialisation ". Il est avec les manifestants, les casseroles et le déploiement du long ruban des Mères de la place de mai. Il aime les femmes aux tambours, les gens qui dansent, qui s'assoient, parce que " le peuple ne s'en va pas ". Ce n'est pas triomphal, c'est hygiénique. La spirale du vandalisme a cessé d'être irréversible.
Françoise Audé, Positif - N° 523 - Septembre 2004.
Ce cours d'histoire contemporaine n'en appelle pas à la révolution mais au sursaut démocratique, à la mobilisation des manifestants qui, déjà, ont tapé sur leurs casseroles lors du défilé des Mères de la place de Mai. Il oppose les fastes présidentiels, les luxueux palais, leurs couloirs royaux, escaliers monumentaux et salles de conférences cousues d'or à la misère qui ronge les rues. Resurgit alors le Solanas lyrique, insurgé, qui avait déjà prouvé son talent à conjuguer images et musiques pour enflammer l'écran.
Jean-Luc Douin, Le Monde - 29 septembre 2004.
Filmographie de Fernando E. Solanas
Sur, L'Heure des brasiers (1968), Les Fils de Fierro (1972), Tangos, l'exil de Gardel (1985), Le Sud (1988), Le Voyage (1990), Le Nuage (1998), Etat d'assemblée (2002), Mémoire d'un saccage (2003), La Dignidad de los nadies (2005).
Argentinazo, Vivre avec la crise
Réalisation, photo : David Futerman
Durée : 52 min
Production : La Cathode et Ciné Ojo (Argentine)
Après 30 ans de politique libérale, l'Argentine sombre dans sa plus importante crise économique : l'Argentinazo, est la révolte populaire des 19 et 20 décembre 2001, qui vit des milliers d'Argentins descendre dans la rue. Ce mouvement provoqua la démission de cinq présidents en quinze jours.
David Futerman se rend en Argentine un an après cette immense révolte et va rencontrer des acteurs de la lutte. Il découvre une population qui a développé de nouvelles formes de solidarité. Les liens sociaux, disparus pendant la dictature, renaissent comme moyen de survie face à la crise et fleurissent les assemblées de quartiers, l'organisation directe, le troc, les usines récupérées, les jardins potagers, les cantines de quartier...
Tarifs :
o Argentinazo, Vivre avec la crise : Séance unique gratuite.
o Mémoire d'un saccage : Plein tarif : 7 € o Demandeurs d'emploi : 5,50 € o Etudiants, lycéens, collégiens : 4,50 € o Adhérents Gros Plan : 6,50 € ou 4 € par carte 10 entrées.
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