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Dimanche
14 mai 2006 à 11h aux Studios du Chapeau Rouge, organisé par Gros
Plan
Les œuvres, quand elles sont
fortes, belles et denses, sont éternelles, jeunes et vivantes dans le regard
du spectateur qui les habite d ’une émotion nouvelle, d ’un nouveau
dialogue. Westerns, comédies, films fantastiques et films inclassables
tenteront de vous apporter un peu de bonheur cinématographique le
dimanche matin à 11 h, à l ’heure du brunch, ce repas du dimanche
anglais, mi-breakfast, mi-lunch. Nous avons choisi des films d ’une durée
pas trop longue afin de pouvoir vous les présenter et bavarder ensemble
,suite à la projection, en prenant un verre et en grignotant une part de
gâteau (participation aux frais :1,5 €).
Le mois prochain, dimanche
11 juin
Le Voyeur
(Peeping Tom)
de
Michael Powell
Grande-Bretagne - 1960 - Noir & Blanc - 1 h 41
Scénario original de Leo Marks.
Avec Carl Boehm, Anna Massey, Moira Shearer...
Soumis dans son enfance aux expériences scientifiques de son père, Mark Lewis, devenu cinéaste, poursuit à sa façon l’étude de la peur. Ses propres cobayes sont des femmes qui aiment être regardées : prostituée, starlette, cover-girl, dont il met en scène la mort...
Comme Freaks de Tod Browning,
Peeping Tom est devenu un film culte pour les cinéphiles, après avoir été vilipendé lors de sa sortie au point de compromettre la carrière de son réalisateur.
Comme Psychose (tourné par Hitchcock à Hollywood pendant que Powell tournait
Peeping Tom à Londres !) et M le Maudit de Fritz Lang, le film met en scène la psychose d’un assassin. On peut se demander pourquoi ces deux films furent immédiatement reconnus comme des chefs d’œuvre tandis que le film de Michael Powell fut traîné dans la boue par la critique et les media de son pays. « Ce qui était shocking pour les critiques anglais, c’est que je voyais le personnage avec un œil innocent. Ils voulaient naturellement que je porte un jugement, je m’y refusais. Je crois beaucoup à la distance. », déclara le réalisateur par la suite.
« Dans ce film absolument hors série, génial, tout se cristallise autour du thème unique de l’œil. Une permanence de l’obsession qui fait de Peeping Tom un film admirable dans l’expression du voyeurisme à l’infini. Un chef d’œuvre du film d’épouvante qui joue sur le fantastique du quotidien. » (30 ans de cinéma britannique, Ed. Cinéma 76).
Laura Mulvey, réalisatrice et universitaire anglaise, rappelle qu’il y a une tradition du fantastique dans la culture anglaise, et affirme que Powell a réussi mieux que quiconque à adapter le fantastique au cinéma. Pour elle, le fantastique ne vise pas seulement à perturber le lecteur ou le spectateur, il brouille les frontières de la tradition culturelle (culture anglaise/culture européenne, culture populaire/culture élitique). Il y a peut-être là une autre explication à l’accueil que reçut ce film en 1960. (John Le Carré)
Tarif unique 4€
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programmation 2005/2006
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