|
|
En présence de Florence Hartman, ex-journaliste au Monde, ex-porte-parole de Carla del Ponte au Tribunal Pénal International de la Haye et conseillère technique sur le scénario.
Prix Amnesty International. |
|
All./Pays-Bas/Danemark - 2010 - Couleurs - 1 h 43
Avec Kerry Fox (Hannah Maynard), Anamaria Marinca (Mira Arendt), Stephen Dillane (Keith Haywood)...
2009, Tribunal Pénal International de La Haye. Goran Duric, ex-Général en passe d’accéder à la présidence Serbe, comparaît pour crimes contre l’humanité. En charge de l’accusation, la Procureure Hannah Maynard est très vite discréditée par les déclarations mensongères d’Alen Hajdarevic, son unique témoin. Elle réalise alors que Mira, la sœur d’Alen, en sait beaucoup plus sur l’accusé qu’elle ne veut bien l’avouer. Malgré les risques encourus pour sa vie rangée en Allemagne, Mira cède aux pressions d’Hannah et décide de témoigner. Mais c’est là sans compter sur les rouages juridiques du Tribunal et autres collusions politiques auxquels elles se retrouvent bientôt toutes deux confrontées. Jusqu’à mettre à l’épreuve leur complicité...
|
|
|
|
Un coup de cœur, un vrai. Et si ce film-là n’est pas au palmarès, je grimpe à pied au sommet de la Fernsehturm ! Storm, de l’Allemand Hans-Christian Schmid, (déjà remarqué pour son film précédent, Requiem) est de ces films qui vous donnent immédiatement l’impression d’une absolue nécessité – cinématographique et citoyenne – et dont on sort en se maudissant de n’être pas plus au fait des choses du monde, en l’occurrence la situation des Balkans. (...) Sujet costaud : un procureur du tribunal de la Haye, qui juge les crimes de guerre en ex-Yougoslavie, cherche à coincer un ancien général massacreur, qui rêve d’une carrière politique en Serbie nationaliste. Le type est chopé sur un parking espagnol, où il est en vacances avec ses enfants, et le procès peut commencer. Suspense judiciaire qui prend un curieux tour : le principal témoin s’emmêle dans des souvenirs visiblement reconstitués, il faut trouver d’autres sources, et pour cela rouvrir des plaies, demander à ceux et celles qui se sont tus, qui ont refait leur vie, de revivre l’horreur, quinze ans plus tard.
Le scénario est à montrer dans les écoles. A fortiori quand, dans un retournement dont il ne faut rien dire, la procureur – jouée par Kerry Fox, vue il y a quelques années dans Intimité de Patrice Chéreau – se retrouve face à la jeune femme qu’elle a quasiment forcé à témoigner (jouée par Annamaria Marinca, l’héroïne volontaire de 4 mois, 3 semaines, 2 jours). Magnifique duo d’actrices... Le récit montre bien comment la politique pèse sur la justice, comment le grand défi européen peut amener à faire assez vite table rase du passé, fût-il scandaleux. Il montre aussi les incertitudes humaines qui sous-tendent la machine administrative, le processus judiciaire vécu comme un sacerdoce, et aussi ses limites. Mais Hans-Christian Schmid, qui a tourné son film en numérique HD, caméra très mobile, visages serrés de près, ne tombe jamais dans le piège Dossiers de l’écran ou film à thèse. Il puise dans son récit un vrai suspense, donne la plupart des clés nécessaires à la compréhension sans manichéisme, ni lourdeur, flatte l’intelligence du spectateur.(...)
Aurélien Ferenczi, Télérama - Février 2009.
Qu’avez-vous pensé de La Révélation ?
Ce qui m’a frappée, c’est qu’il s’agit d’une autre manière de relater l’histoire que j’ai décrite dans mon livre ! Alors qu’on ne se connaissait pas et qu’on ignorait tout du travail de l’autre, Hans-Christian et moi sommes arrivés aux mêmes conclusions, mais sous des formes d’expression différentes. C’est d’autant plus remarquable que Hans-Christian est totalement extérieur à l’univers de la justice internationale, alors que j’ai côtoyé ce milieu de près pendant six ans. Et surtout, il parvient à raconter des choses d’une grande complexité de manière très juste et compréhensible pour un large public.
Florence Hartmann, Dossier de presse.
|
|