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En présence
de Dominique CASTEL, médecin du travail, Santé au travail en Cornouaille (Quimper), d'Erwan LE BEZVOET, psychologue, service de médecine du travail (Rennes), de
Philippe REIGNAULT et Christian WIPLIEZ, délegués CFDT FranceTélécom R&D Lannion.
Dans le cadre de la Semaine de la Santé Mentale organisée par l'EPSM Etienne Gourmelen.
Séance unique. |
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France - 2006 - Couleurs - 1 h 20 - Documentaire
Chaque semaine, dans trois hôpitaux publics de la région parisienne, une psychologue et deux médecins reçoivent des hommes et des femmes malades de leur travail. Ouvrière à la chaîne, directeur d’agence, aide-soignante, gérante de magasin... Tour à tour, quatre personnes racontent leur souffrance au travail dans le cadre d’un entretien unique. Les trois professionnels spécialisés écoutent et établissent peu à peu la relation entre la souffrance individuelle du patient et les nouvelles formes d’organisation du travail. A travers l’intimité, l’intensité et la vérité de tous ces drames ordinaires pris sur le vif, le film témoigne de la banalisation du mal dans le monde du travail. Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés est un huis clos cinématographique où prend corps et sens une réalité invisible et silencieuse : la souffrance au travail.
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(...) C’est un grand soulagement que procure ce film d’écoute. Pas n’importe quelle écoute, celle-là est « risquée », comme le dira un moment un praticien. Cela signifie que rien n’est sûr, que les solutions sont difficiles, bref qu’il faut un certain courage, aux patients comme aux médecins, pour affronter le mal en cours. Et le regarder en face, sans faillir, à l’instar du dispositif sobre mais attentif mis en place par les deux réalisateurs. On parle beaucoup de crise de l’emploi en masquant souvent celle du travail. Avec la menace du licenciement qui plane vient la soumission, l’intimidation, le chantage ou le harcèlement. Ce qui domine ici, c’est bien l’angoisse, parfois même l’effroi. Lorsque le médecin demande à la gérante si elle souhaite retourner au magasin, sa réponse est une supplication paniquée: « Oh, non, non, non ! » « ça va nous coûter la vie », dit aussi Mme Alaoui. Les quatre reviennent d’un enfer et ne voulent pas y retourner. Le système n’épargne personne, pas même ceux qui font le plus honneur au travail. De là le mot réconfortant du praticien à la gérante du magasin – « Il n’y a pas de culpabilité à avoir. C’est vous qui êtes porteuse d’une histoire et de vqleurs qui ne sont pas en accord avec celles de vos supérieurs ».
Valeur, morale, reconnaissance, autant de mots étrangers à la logique de la rentabilité à tout crin qui n’implique plus d’être entreprenant mais agressif, non plus consciencieux mais tueur, et ce au prix d’une solitude terrible. Sur les ravages du chacun pour soi dans le monde du travail, sur la paranoïa alimentée par des grilles d’évalutation dignes de l’espionnage, sur le consentement passif, le film est d’autant plus parlant qu’il interpelle et implique tout le monde. (...)
Le travail permet à chacun de se construire, de se forger une identité, une dignité. C’est cette fonction même qui apparaît ici gravement dénaturée, rendant vulnérable chaque travailleur, de l’ouvrier au patron. Si les vrais films politiques sont plus rares qu’on ne le dit, celui-là en est un : tout en pointant l’absence cruelle de débat public, Ils ne mouraient pas tous... soulève énormément de questions qui sont à la fois d’ordre social, juridique, économique et même philosophique
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Jacques Morice, Télérama - N° 2926 6 8 février 2010.
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