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Vendredi 24 avril 2009 à 20 h 30 - Studios du Chapeau Rouge

NULLE PART, TERRE PROMISE

d'Emmanuel Finkiel

 
Nulle part, terre promise

En présence du réalisateur.

En programmation du 23 avril au 5 mai 2009, aux Studios du Chapeau Rouge.

France - 2009 - Couleurs - 1 h 35.

Avec Elsa Amiel (l’étudiante), Nicolas Wanczycki (le cadre), Haci Aslan (le père), Haci Yusuf Aslan (l’enfant), Abdurrahim Apak (Rahim), Joanna Grudzinska (l’ouvrière), Sára Laszló (l’interprète), Réka Szalkai (la SDF) avec la participation d’Emmanuel Salinger.


Trois personnages sillonnent l’Europe d’aujourd’hui. Un jeune cadre qui suit la délocalisation d’une usine de France en Hongrie. Une étudiante qui filme. Un Kurde et son fils qui tentent de rallier l’Angleterre. Vers l’Est ou vers l’Ouest, en camion, en business class, en stop, en train, avec ou sans papier, à travers l’Europe contemporaine, chacun est en quête de sa terre promise.

Nulle part, terre promiseFilm d’une incroyable sobriété, Nulle part, terre promise se situe dans un entre-deux. Film sur le mouvement, le déplacement, il ne s’agit pas ici de partir pour arriver, mais au contraire de rester dans une sorte de zone flottante entre la fiction et le documentaire. Peu dialogué, le film s’enrichit des petits détails de la vie quotidienne comme lorsque, assise dans un train, la jeune femme souffle sur la vitre pour faire de la buée, un geste anodin mais incroyablement juste. Constat réaliste des populations européennes d’aujourd’hui, le film ne verse ni dans l’optimisme béat ni dans la critique amère d’une société qui serait en manque de chaleur humaine. Le métrage opère plutôt par petites touches, parfois dramatiques, parfois comiques comme lorsque le fils Kurde regarde avec envie un autre enfant qui vient de recevoir une paire de baskets neuves et, pour défier le regard du petit enfant Français, le Kurde montre à son tour son maillot de l’équipe de football du Brésil. Le parcours du cadre est lui très révélateur d’une existence monotone et terne, une vie menée essentiellement pour le travail mais qui crée un vrai manque affectif que le jeune homme ne sait combler. Froid au moment de délocaliser les machines, son regard se porte alors sur le groupe d’ouvrières et d’ouvriers en grève. Le regard dépité d’une femme lui renvoie ses responsabilités à la figure, une responsabilité qui visiblement va le gêner.
Nulle part, terre promise mérite amplement son Prix Jean Vigo 2008 tant la mise en scène et l’écriture du film sont en adéquation avec le sujet. Après avoir été premier assistant de quelques grands cinéastes français, Bertrand Tavernier, Jean-Luc Godard, ou encore Krzysztof Kieslowski, Emmanuel Finkiel tourne peu mais tourne bien. Outre des courts-métrages tels que Madame Jacques sur la croisette (1995), Talents Cannes (2000), citons son premier long-métrage de fiction, Voyages tourné en 1999. Ainsi donc la transhumance n’est pas un thème nouveau à ses yeux, Nulle part, terre promise marche dans les pas de ce premier long qui fut couronné également du prestigieux Prix Louis Delluc du Premier Film.

David A., excessif.com.

Avez-vous réalisé un film politique ?
Ce n’est pas un film à thèse, ni le fruit d’une théorie quelconque, il ne vise aucune morale. Ce n’est pas un film qui pense, mais qui ressent et tente de faire ressentir, la réflexion revient aux gens. S’il y a une éthique, elle se trouve dans l’approche cinématographique. Celle qui consiste à enregistrer les faits, puis à la organiser pour les restituer dans toutes leurs dimensions.
Nous sommes à une époque du tout commentaire, où la réalité disparaît derrière les sous-titres. Là, il s’agit de montrer, d’enregistrer les phénomènes, de les saisir à travers une écriture affirmée propice au transport des sensations. Pour enfin les donner à voir et à ressentir grâce au montage. Rien de politique, mais rien de neutre non plus.
Emmanuel Finkiel, Dossier de presse.

 

Filmographie : Nulle part, terre promise (2009), Dialogue pour demain (2005), Les Européens (TV), De samedi à dimanche (2001), Du lundi au vendredi, Casting, Dimanche (2000), Voyages (1999), Madame Jacques sur la Croisette (1997).

 

 

TARIFS

Plein tarif : 7 € • Tarif réduit : 6 € • Par carnet de 5 tickets : 5 € l'entrée • Demandeurs d'emploi, étudiants, lycéens, collégiens : 5 € • Adhérents Gros Plan : 4,50 €.

 
 

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