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Vendredi 9 janvier 2009 à 20 h 30 - Studios du Chapeau Rouge

LES PLAGES D'AGNES

d'Agnès Varda

 
Les Plages d'Agnès

En présence de Jean-Pierre Berthomé, enseignant et auteur de livres sur le cinéma.

 

France - 2008 - Couleurs - 1 h 50

Avec Agnès Varda (elle-même).


Agnès Varda se met en scène au milieu d’extraits de ses films, d’images et de reportages. Elle nous fait partager avec humour et émotion ses débuts de photographe de théâtre puis de cinéaste novatrice dans les années cinquante, sa vie avec Jacques Demy, son engagement féministe, ses voyages à Cuba, en Chine et aux USA, son parcours de productrice indépendante, sa vie de famille et son amour des plages. Pendant que ses jeunes collaborateurs s’affairent, elle confie à la caméra son souci de transmettre ce que fut sa vie d’artiste, de mère, d’amoureuse.

 

Les Plages d'AgnèsOn est glaneuse ou on ne l’est pas. Même à l’heure de l’inventaire, le présent reste une fête, un cabinet de curiosités.
Symétriquement, l’impressionnante quantité d’archives est convertie, recyclée en une installation joyeuse, un carrousel étourdissant, à coups de marabout-bouts de ficelle, de mises en abyme (images dans l’image, tournages dans le tournage), de trouvailles d’animation, de vivants tableaux surréalistes. Parfois c’est un peu comme avec Internet : la cinéaste « clique » sur un détail, et une fenêtre invisible s’ouvre sur des vies, des histoires, des visages. Les yeux dévoilés, et fort beaux, de Jean-Luc Godard aux débuts de la Nouvelle Vague, le corps puissant de Calder jouant sur le sable, la timidité adolescente de Harrison Ford passant des essais, Fidel Castro immortalisé devant d’étranges ailes de pierre : la boutique de souvenirs ne manque pas de pièces rares, sinon uniques.
Au regard de cette abondance, et du faste de certaines séquences « contemporaines », la fermeté du montage sidère : Varda reste impérieuse dans son tempo et la conduite de son récit. Elle ne s’appesantit sur rien, ni sur le voilier affrété par elle sur la Seine à Paris, ni sur la baleine géante dans le ventre de laquelle elle se prélasse en repensant aux cours de Gaston Bachelard sur le Livre de Jonas, autrefois à la Sorbonne.

Louis Guichard, Télérama - N° 3075/3076 - 17 décembre 2008.


Agnès Varda, puis Agnès V., puis simplement Agnès. Les Plages d’Agnès affiche la création d’un personnage presque burlesque. Agnès esquissant un tai-chi devant les murs retrouvés de Murs, murs ; Agnès déguisée en « patate sonore » à la Biennale de Venise ; Agnès, la coupe au bol, laissant pousser ses racines grises et ressemblant à un petit kappa, cette bienveillante créature aquatique japonaise. Pourtant cette familiarité avec le spectateur suscite une complicité sans connivence, et même une certaine distance. Agnès garde son sérieux, même en patate, et impose des ruptures de ton fantaisistes ou dramatiques. La réalisatrice brouille également les pistes sur la place d’Agnès en passant par exemple du regard-caméra à une personnification de la caméra. Après avoir filmé à Venice Beach un couple de vieux amants pas séparés par la vie, la voix regrette la mort de Demy, et la caméra se penche et « regarde » le sable comme avec tristesse. Agnès n’est jamais là où on l’attend.

Stéphane Delorme, Cahiers du cinéma - Décembre 2008.

 

 

TARIFS

Plein tarif : 7 € • Tarif réduit : 6 € • Par carnet de 5 tickets : 5 € l'entrée • Demandeurs d'emploi, étudiants, lycéens, collégiens : 5 € • Adhérents Gros Plan : 4,50 €.

 
 

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