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Vendredi 5 décembre 2008 à 20 h 30 - Studios du Chapeau Rouge

LES CENDRES DU TEMPS - REDUX

de Wong Kar-wai

 
Les Cendres du temps - Redux

En présence de Danielle Elisseeff, chercheur émérite, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales.

En partenariat avec le Musée des Beaux Arts de Quimper.
En relation avec le cycle de 4 conférences
"La construction de l’empire chinois" (17 nov. / 5 déc.)

Hong Kong/Chine - 2008 - Couleurs - 1 h 33

Avec Leslie Cheung (Ouyang Feng), Brigitte Lin (Murong Yin / Murong Yang), Tony Leung Chiu Wai (duelliste aveugle), Carina Lau (Fleur de pêcher), Tony Leung Ka Fai (Huang Yaoshi), Charlie Young (la jeune fille), Jacky Cheung (Hong Qi)...


Dans le désert de l’Ouest, Ouyang Feng tient une auberge isolée, une multitude de voyageurs s’y arrête. Huang Yaoshi, son ami de jeunesse, devenu aventurier et sabreur vagabond lui rend visite chaque année. Il y a aussi le duelliste aveugle, dont la femme a été séduite par un chevalier le jour même de leur mariage, le prince du clan Murong, à la recherche de Yaoshi qui a séduit et éconduit sa jeune sœur, le guerrier pauvre Hong Qi, en quête d’aventure et de célébrité. Et enfin, il y a le souvenir de la femme aimée par Ouyang Feng qui préféra épouser son frère… Aux confins du monde, ces héros d’un autre âge croisent le fer mais la plus grande blessure que garde Ouyang Feng est celle que porte son cœur...

Après un tournage mouvementé, Les Cendres du temps fut terminé en 1994. Ce film, pour lequel Wong Kar-wai obtint un budget colossal, ne rencontra pas le succès espéré : il fut alors coupé, remonté au gré des sorties et des pays, si bien qu’il n’existait plus dans sa version originale. Wong Kar-wai nous présente aujourd’hui une nouvelle version restaurée, re-montée, il a remixé la bande-son avec Wu Tong et le violoniste Yo-Yo Ma et retravaillé l’image à la palette graphique.

 

Les Cendres du temps - Redux(...) Redécouvrir ce film sur grand écran est essentiel, non seulement pour apprécier complètement le talent photographique de Christopher Doyle mais surtout pour se replonger dans cet univers de la Chine ancienne, une Chine fantasmée par toute une série de films appelés « wu xia pian », les films de sabre chinois. Wong Kar-wai hérite à la fois d’une tradition littéraire qui prend naissance sous la dynastie des Ming (1368-1644) mais surtout d’une tradition opératique qui a adapté ces récits en chants et chorégraphies sublimes, lesquelles seront par ailleurs aux origines du genre cinématographique lui-même. (...)

Excessif.com.

(...) On ne s’étonnera pas de l’incompréhension qui accueillit le film jadis. Wong Kar-wai y refuse sciemment tout ce qu’attendent les amateurs de films de sabre : scènes de batailles et de duels, séquences épiques, spectaculaires voltiges. Les Cendres du temps lorgne moins du côté des traditionnels « wu xia pan » (les films de sabre chinois) que de la peinture. A partir des thèmes qui imprègnent son œuvre et qu’il portera à l’incandescence dans 2046 (l’attente, la mélancolie des idylles perdues, le ressassement d’amours défuntes), il s’adonne à une sorte d’action painting, transformant le remords sentimental en un poème spectral, aux limites du figuratif, voué aux temps morts.
Wong Kar-wai a l’habitude de convoquer rengaines musicales et voix littéraires pour égrener ses liturgies. Il use ici de motifs essentiellement esthétiques, d’images presque scientifiques où se traquent le grain de la matière, le ralenti du mouvement, le trait non figuratif, à la limite de l’abstrait. Gros plans des visages et gestes d’opéra, ombres d’une cage de bambou, couleurs psychédéliques (bleu électrique, sols orangés). Plus loin encore que ne l’avait fait Sergio Leone avec le western, Wong Kar-wai stylise le genre, filme au pinceau. Sa caméra guette l’impact, la trace, l’effet, le rythme, plus que l’action. Et l’éclaboussure, le trait dans l’espace, la trace du sang ou de la poussière plutôt que l’éclat. Un incendie devient un tableau sang et or. Le passé se délite, se dissout, mais substitue d’autres échos à ceux qui s’estompaient. Défilés de tableaux bercés par la certitude que « plus on cherche à oublier, mieux on se souvient ».

Jean-Luc Douin, Le Monde - 10 septembre 2008.

 

 

TARIFS

Plein tarif : 7 € • Tarif réduit : 6 € • Par carnet de 5 tickets : 5 € l'entrée • Demandeurs d'emploi, étudiants, lycéens, collégiens : 5 € • Amis du Musée : 5 €. • Adhérents Gros Plan : 4,50 €.

 
 

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