U.S.A. - 2007 - Couleurs - 2 h 03
Documentaire
Montage Dan Swietlik, Geoffrey Richman, Chris Seward Son Skywalker Studios Production Dog Eat Dog Films Distribution TFM Distribution.
Une comédie autour de 45 millions d’individus sans système de santé au cœur du plus riche pays du monde. Après s’être attaqué au marché des armes dans Bowling for Columbine et au président George W. Bush dans Fahrenheit 9/11, Michael Moore mène l’enquête sur les failles du système de santé américain et fustige à nouveau l’Amérique. Renouant avec son approche « terrain » et son style inimitable, le cinéaste met le doigt sur les enjeus médicaux d’un système complexe à travers l’examen du système de santé.
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Ce n’est plus un secret pour personne, le nouveau cheval de bataille de Michael Moore, dans Sicko, est le système de santé américain. En fait, il ne s’agit pas d’une charge contre le mauvais fonctionnement des hôpitaux ou l’incompétence des médecins, mais bien du seul domaine des frais médicaux. Les Etats-Unis, depuis Nixon, ont privilégié la voie du désengagement de l’Etat au profit des assurances privées. A tort selon Moore : il a lancé par Internet un appel à témoins afin de prouver par des exemples, y compris les plus absurdes, l’imbécillité de cette option qui, en privatisant intégralement le domaine du remboursement des soins, a entraîné un combat inégal entre l’idéal mutualiste et l’exigence de rentabilité. Les principales grosses compagnies mises en accusation dans le film font des profits considérables, et Moore démontre que leur fortune se paie au prix fort pour les malades qui peuvent crever la bouche ouverte avec leur contrat en guise de bavoir. Entre le refus de greffe du rein, le cancer jugé pas suffisamment dangereux, les pauvres expulsés des hôpitaux et les médicaments hors de prix, la protection des citoyens américains, même quand ils ont un emploi et répondent à tous les critères favorables pour une prise en charge, semble tout simplement inexistante. Moore compare cette situation avec celle du Canada, de la Grande-Bretagne et de la France, trois pays où fut décidée la prise en charge publique de la santé. Moore s’extasie sur ces hôpitaux londoniens où l’on entre et sort sans jamais donner sa carte bancaire, vadrouille dans Paris la nuit avec SOS Médecins, ironise sur la peur du socialisme et de la collectivisation, qui continue, selon lui, de structurer l’imaginaire politique de ses concitoyens. Comme d’habitude, Moore ne s’embarrasse pas de scrupules journalistiques, il fonce dans le tas. (...) Reste à savoir si le film contribuera à rendre au courant de la couverture universelle, dont Hillary Clinton fut la pasionaria, le droit de redonner de la voix, bien faible depuis que les lobbyistes des assurances l’ont étouffée à coups de millions de dollars.
Didier Péron, Libération - 21 Mai 2007.
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