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Vendredi 13 juin 2008 à 20 h 30 - Studios du Chapeau Rouge

PAYSAGES MANUFACTURES

de Jennifer Baichwal

 

 
Paysages manufacturés

En présence de Jean-Marc Huitorel, critique d'art.

En collaboration avec AKTINOS, dans le cadre de Mai-Photographies 2008.

Canada - 2006 - Couleurs - 1 h 26

Documentaire.

Edward Burtynsky photographie les effets néfastes de la pollution et de l’industrialisation sur les paysages naturels. La cinéaste, Jennifer Baichwal, filme le travail du photographe en Chine (les immenses usines, le barrage des Trois Gorges, le recyclage des déchets électroniques…), en Inde (le désossage des navires)…


Paysages manufacturés est à la fois un documentaire sur Edward Burtynsky et sa manière de travailler, la distance d’un artiste face à son sujet, une réflexion sur l’industrialisation et ses conséquences, la mutation des paysages et la condition humaine. Le film est une double mise en abîme du travail du photographe et de son motif.

Paysages manufacturésIl est plusieurs façons de se laisser happer par le documentaire de Jennifer Baichwal. La première est de consentir au pacte que cherche à sceller le photographe canadien Edward Burtynsky qui, dans le but avoué « d’envisager le paysage industriel comme un moyen de définir notre identité », met en évidence dans la plupart de ses clichés la contradiction d’une exploitation industrielle et d’une standardisation qui transforment inéluctablement la planète, générant une indéniable et inconfortable beauté. La documentariste pince alors plusieurs cordes. Arpèges et harmonies sont déjà éprouvées : reproduction et succession de photographies ; recadrages au banc-titre ; documents sur l’artiste en conférence, commentant son travail ; séquences – souvent impressionnantes – qui tiennent du making of ; mutation de l’image originelle en séquence de cinéma ; ou, plus discutablement, opération inverse lorsque la photo, observée par les badauds d’une exposition, semble naître d’un plan qui se fige. En dépit de ses limites et de la dispersion qu’il induit, le procédé mosaïque est d’une réelle efficacité.
Plus décisifs néanmoins sont les moments (...) où Baichwal, en tout bien tout honneur, vole son sujet à Burtynsky, se dispense de sa tâche d’illustratrice et refuse de jouer au bord de l’abyme. Le film cesse ponctuellement de se projeter dans l’idéal chimérique de la reconstitution et propose d’adopter d’autres angles. Exploration du hors champ, soin des raccords, expérimentation d’autres dispositifs : les séquences d’interviews deviennent ainsi un contrepoint remarquable à l’œuvre du photographe. S’y ajoutent d’autres propos rapportés, tels ceux des ouvriers enregistrés alors qu’ils participent à la mise en place d’une prise de vues de Burtynsky. A l’opposé des transformations contraignantes dont le photographe cherche à révéler les traces aliénantes, l’entreprise filmique est alors, en ses plus beaux instants, l’histoire d’une émancipation.

Thierry Méranger, Cahiers du cinéma - N° 629 - Décembre 2007.

 
 

JEAN-MARC HUITOREL, critique d'art

Paysages Manufacturés est un objet visuel à double entrée. J’aimerais aborder la question de cette double instance. De quoi parle-t-on quand une cinéaste documentariste parle du réel (ça, c’est son travail) à travers le regard et les formes d’un autre producteur d’images, en l’occurrence un photographe? Comment l’image en mouvement aborde le réel à travers le regard critique qu’elle porte sur un autre média. Je dirai pourquoi je ne suis pas certain que le photographe s’en sorte à son avantage, il sera question de « l’esthétisation du réel ». Et sûrement d’autres choses encore...

 
 

EDWARD BURTYNSKY

Né en 1955 à St. Catharines dans l’Ontario, de parents ukrainiens, Edward Burtynsky [adolescent] a travaillé dans d’immenses usines d’assemblage automobile, ainsi que dans les mines d’or du nord de l’Ontario. En tant qu’artiste, il s’est nourri de ces expériences et de l’apprentissage de son métier de photographe. Il applique ses connaissances des grands espaces industriels à son expérience sur le terrain, créant des images dont l’expression finale se traduit par les somptueuses épreuves en couleur, à grande échelle, qui sont sa marque de fabrique.

 
 

ASSOCIATION AKTINOS

dans le cadre de Mai-Photographies 2008

"Quelque chose de perdu " 13 mai/21 juin 2008

mai.photographies.free.fr

Tél 02 98 55 62 96

 

 

TARIFS

Plein tarif : 7 € • Tarif réduit : 6 € • Par carnet de 5 tickets : 5 € l'entrée • Demandeurs d'emploi, étudiants, lycéens, collégiens : 5 €

Adhérents Gros Plan : 4,50 € par carnet de 5 tickets (valables jusqu'au 15 octobre 2010) • 4,50 € moins de 25 ans, ticket individuel • 6 € adulte, ticket individuel.

 
 

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ASSOCIATION GROS PLAN 27, rue du Chapeau Rouge 29000 Quimper
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