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Vendredi 10 novembre 2006 à 20h45 - Studios du Chapeau Rouge

SISTERS IN LAW

De Kim Longinotto & Florence Ayisi

 
  Sisters in law

En collaboration avec le Théâtre de Cornouaille, Scène Nationale de Quimper.
En présence de Fadela Amara, Présidente de « Ni putes, Ni soumises ».

 

Royaume-Uni - 2006 - Couleurs - 1 h 44 - Documentaire

Réalisation, scénario Kim Longinotto et Florence Ayisi
Photo Kim Longinotto Montage Ollie Huddleston Musique D’Gary Son Mary Milton Production Vixen Films Distribution Ad Vitam.

Avec Vera Ngassa et Béatrice Ntuba dans leurs propres rôles.

 

Kumba, une petite ville au sud-ouest du Cameroun. Manka, six ans, a fui sa maison et sa tante abusive. Sonita accuse avec courage son voisin de viol. Amina a décidé de mettre fin à son mariage avec un homme brutal en le traînant devant le tribunal.

Sisters in law suit la conseillère d'Etat et la Présidente de la Cour dans leur travail quotidien : apporter leur aide à ces femmes déterminées à mettre un terme à des existences par trop malmenées.

 
 

On pense à La 10è chambre de Raymond Depardon pour la force de la dramaturgie judiciaire. Sauf que les rapports de pouvoir qui sont ici en jeu (dans le tribunal ou le bureau du juge), prennent un tour particulier : on assiste à l’étonnante inversion des rôles sexuels si longtemps imposés, intégrés, incorporés. Habituées à rester cantonnées dans les coulisses sociales d’une société machiste, les femmes montent enfin sur l’estrade du pouvoir et disent le droit, énoncent la normalité et dénoncent la transgression. Les hommes assistent alors en spectateurs impuissants et dociles à ce renversement de situation. Ce sont les femmes qui vont déclarer illégales certaines règles coutumières ancestrales et faire appliquer des lois émancipatrices, donc forcément subversives au regard de l’immuable ordre masculin (condamner le viol perpétré par un mari, punir la « vente » d’une fille par son propre père). Drapées dans une autorité « naturelle » toute neuve, ce sont les femmes qui maîtrisent les règles du jeu judiciaire : elles questionnent, décident des tours de parole, se lancent dans un discours moralisateur sans réplique possible.

 

Sisters in lawLe film se structure autour de trois affaires : une accusation de viol, un cas de violence sur enfant, et une demande de divorce pour faute grave. Ces trois cas d’école révèlent chacun les mécanismes permettant d’asseoir et de perpétuer les rapports de domination masculine. En premier lieu, c’est l’institution familiale qui active les processus de soumission (pression des parents d’une femme persécutée par son époux pour qu’elle abandonne sa plainte), relayée par l’institution religieuse (une femme musulmane affronte le tabou du divorce) et le conseil coutumier (bien sûr, le conseil des « sages » auquel doit se soumettre une divorcée est uniquement constitué d’hommes). Sur la difficile condition de la femme en Afrique de l’Ouest, on se rappelle le documentaire de Jean-Marie Teno Le Mariage d’Alex, consacré à la recrudescence de la polygamie au Cameroun, et Si-Guériki d’Idrissou Mora Kpai, sur le statut méprisé et dénigré de la femme au Bénin. Réalisés par des hommes, ces deux films avaient le mérite de pointer la complexité des rapports de genre, rappelant combien les femmes elles-mêmes reproduisent et défendent les processus de domination qui les aliènent. Les réalisatrices, elles, ont préféré élever leurs actrices, qu’elles soient plaignantes ou défenderesses, au rang d’héroïnes toujours triomphantes.

 

Le propos humaniste se veut ici édifiant, mais cette vision optimiste est amèrement démentie par les faits : le film fini, les représentantes de la loi ont été promues et remplacées par des collègues masculins, beaucoup moins regardants sur les problèmes des femmes.

Laetitia Mikles, Positif - N° 541 - Mars 2006.

 

 

Sisters in lawCe film fait très bien passer une idée importante : il y a des droits universels et intangibles, le droit à disposer de son corps, le droit d’aller et venir librement, le droit à l’intégrité physique, le droit à la vie, qui prévalent sur les lois spécifiques et les coutumes. C’est pourquoi il faut souligner le travail exemplaire de sensibilisation et de formation qu’accomplissent cette juge et cette avocate. Car les femmes, soumises aux pressions de leur mari, de leur milieu familial et social, ont souvent du mal à faire exercer leurs droits.

Claude Katz, avocat, spécialiste des affaires de violences conjugales et sexuelles.

 

 

NI PUTES, NI SOUMISES

Pour une mixité fondée sur le respect !

« Ni putes, Ni soumises » est un mouvement mixte et populaire crée dans la continuité de la « Marche des femmes contre les ghettos et pour l’égalité » qui a eu lieu du 1er Février au 8 mars 2003 à travers la France. Sollicités par des jeunes filles et femmes en rupture familiale, nous sommes épaulés bénévolement par des avocats et des psychologues qui sont en mesure d’intervenir en urgence. Le mouvement « Ni putes, Ni soumises », présidé par Fadela Amara, s’est enrichi de 60 comités locaux afin de répondre au plus près aux besoins du terrain. Fervent défenseur de la mixité sociale et du métissage, chaque comité a pour vocation de diffuser les valeurs de la République laïque, le seul socle qui, quelles que soient nos origines, opinions et croyances, nous permet de Vivre Ensemble.


LE SITE DE « NI PUTES, NI SOUMISES» : www.niputesnisoumises.com

MORBIHAN (56) Annaïg LE MOËL
NPNS Maisons des associations
Place Penvern 56600 Lanester
npns56@wanadoo.fr - monsite.wanadoo.fr/npns56.

RENNES (35) Djohar OTMANE-LESTRAT
npnsilletvilaine@free.fr

 

Les autres rendez-vous de la soirée:

17h00: Librairie le Bistro à Lire

rencontre avec Fadela Amara autour de son ouvrage Racaille de la République, Ed. Seuil

18h30: Théâtre de Cornouaille

rencontre/débat sur les violences faites aux femmes avec Fadela Amara, Présidente de « Ni putes, Ni soumises », Annaïg Le Moël, Vice-Présidente Bretagne de « Ni putes, Ni soumises », Annaïck Morvan, chargée de mission départementale aux droits des femmes et l'égalité, Michel Rostain, metteur en scène de Zaïde(s) et directeur de la Scène Nationale de Quimper.

En savoir plus..

 

TARIFS

Plein tarif : 7 € • Demandeurs d’emploi : 5,50 € • Etudiants, lycéens, collégiens : 5 € • Adhérents Gros Plan : 4 € par carnet de 10 tickets (valables jusqu'en octobre 2007) • 4,50 € moins de 25 ans, ticket individuel • 6 € adulte, ticket individuel • Adhérents Théâtre de Cornouaille : 4,50 €

 
 

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ASSOCIATION GROS PLAN 27, rue du Chapeau Rouge 29000 Quimper
tél: 02 98 53 74 74 cine.plan@wanadoo.fr www.gros-plan.org

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