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Vendredi 9 mars 2007 à 20h30 - Studios du Chapeau Rouge

SARAJEVO, MON AMOUR

De Jasmila Zbanic

 
  Sarajevo, mon amour

En présence de Velibor Colic, écrivain bosniaque.
En relation avec la Journée de la Femme.

En collaboration avec les Bibliothèques de Quimper-Communauté. Tél. 02 98 95 06 39

www.bibliotheques.quimper-communauté.fr

 

All./Croatie/Bosnie/Autriche - 2006 - Couleurs - 1 h 30

Scénario Jasmila Zbanic Photo Christine A. Majer Montage Niki Mossbock Décors Kemal Hrustanovic   Costumes Lejla Hodzic Distribution ID Distribution .

Avec Mirjana Karanovic (Esma), Luna Mijovic (Sara), Ermin Bravo (le professeur Muha), Leon Lucev (Pelda), Kenan Catic (Samir), Jasna Ornela Berry (Sabina), Dejan Acimovic (Cenga), Bogdan Diklic (Saran).

Esma, mère célibataire, vit avec sa fille de douze ans, Sara, dans le Sarajevo de l’après-guerre. Sara doit participer à une excursion scolaire. Esma accepte un job de serveuse dans une boîte de nuit pour réunir l’argent nécessaire. Sara se lie d’amitié avec Samir qui, comme elle, n’a pas de père. Leurs pères sont des héros de guerre, morts au combat. Cependant, lorsque la fille aborde ce sujet avec sa mère, Esma répond toujours de manière évasive. Sara a le sentiment qu’elle lui cache quelque chose...

 
 

Sarajevo, mon amourLa neige, à Sarajevo, recouvre d’innombrables blessures de guerre. Celles de la ville, personnage à part entière du film, au hasard des ruines qui s’y attardent. Mais aussi, bien sûr, celles, invisibles mais profondes, de ses habitants. Esma habite Grbavica, un quartier populaire, et y élève seule Sara, sa fille de 13 ans, ado boudeuse et sauvage. Elle vit dans un petit appartement où le jour peine à se glisser, traverse quelques rues frissonnantes pour rejoindre une boîte de nuit mal famée où elle cherche à gagner, comme serveuse, de quoi payer la prochaine excursion scolaire de Sara. Et Jasmila Zbanic capte d’emblée une mélancolie diffuse dans la grisaille de ce quotidien. C’est le trauma d’une société tout entière qu’elle nous présente, avec une poignante délicatesse. Cette maîtrise, étonnante pour un premier long métrage, a d’ailleurs valu cette année à la réalisatrice un Ours d’or bien mérité au festival de Berlin.
Esma, femme forte et touchante (Mirjana Karanovic, actrice fétiche de Kusturica, comme toujours extraordinaire de sensibilité), a un secret, atroce. On le devine à ses dérobades, dès que sa fille (la jeune Luna Mijovic, parfaite en chaton écorché vif) tente d’en savoir un peu plus sur un père mort « en héros », pendant la guerre. On le pressent lorsqu’au hasard d’un frôlement dans le bus, d’un éclat de voix masculines, d’un détail infime (la mise à mort d’une truite chez le poissonnier), le visage d’Esma (re)devient brusquement celui d’une proie. Vies brisées, fantômes innombrables et exils intérieurs hypothèquent l’avenir. A travers l’amour aussi profond qu’empoisonné, entre Sara et Esma, Jasmila Zbanic s’interroge sur la condition de victime. Quand et comment peut-on cesser de l’être ? Est-ce incurable, ou pire, transmissible ? Autour de ce couple mère-fille, chaque personnage porte le deuil à sa manière, qui d’un père mort au front, qui d’un amour jamais advenu, qui d’une carrière définitivement brisée...

Le constat est sombre. Pauvreté, mafia, dépression, Sarajevo survivante est malade de tout ce gâchis. « Si je devais me souvenir de tout je me flinguerais », remarque l’un des héros. Mais le tableau se nuance constamment de tendresse et d’énergie. En un mot : d’espoir. Le film plaide plutôt en faveur de la mémoire. Il ne s’agit ici ni de vengeance (les bourreaux d’hier comptent moins que les traces qu’ils ont laissées), ni d’oubli, mais de vérité, condition indispensable de toute guérison.

Cécile Mury, Télérama - N° 2958 - 23 septembre 2006..

 

 

VELIBOR COLIC

C’est sans doute la guerre qui a fait de Velibor Čolić un écrivain à part entière. Jeune chroniqueur radiophonique, il s’est retrouvé enrôlé comme soldat de l’Armée bosniaque. Réfugié politique en France, il s’attache encore aujourd’hui à combattre, par la littérature, ce désarroi extrême de ceux qui ont vu abolir toute humanité en l’homme.

Bibliographie
Ed. Le Serpent à Plumes : Perdido (2004), Mother Funker (2001), La vie fantasmagoriquement brève et étrange d’Amedeo Modigliani (1995), Les Bosniaques (1994), Ed. La nuit Myrtide : Encres nomades (2002), Ed. La Digitale : Chroniques des oubliés (1995).

 

 

TARIFS

Plein tarif : 7 € • Demandeurs d’emploi : 5,50 € • Etudiants, lycéens, collégiens : 5 € • Adhérents Gros Plan et Abonnés Bibliothèque : 4 €.

 
 

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