| |
 |
Dans le cadre de la Journée mondiale du refus de la misère. En
collaboration avec le CICODES, Amnesty International, ATD Quart monde, le Secours catholique-CARITAS France, Horizons nouveaux, Solidarité Paysans du Finistère.
Discussion animée par Chantal Pasquier, animatrice auprès des personnes défavorisées. |
|
| Irlande – 2006 – Couleurs – 1 h 27
Scénario Perry Ogden, Mark Venner Photo Perry Ogden, Tim Fleming Montage Breege Rowley Son Michael Lemass Costumes Susie Isherwood Production An Lar Films Distribution Pierre Grise
Avec Winnie Maughan (Winnie), Rosie Maughan (la mère de Winnie), Paddy Maughan (Leroy), Brian Dignam (l’homme de la mairie), Michael Collins (l’oncle Martin), Helen Joyce (Marie), Abbie Spallen (Shannon), Martin Maughan (Ladeen), Kate Maughan (Mary Kate), James Maughan (Dan).
Winnie vit avec sa mère, ses frères et sœurs dans une caravane d’une zone industrielle de Dublin.
Exclue de l’école après une bagarre, elle déambule dans la ville, rêve devant les robes de mariée des vitrines, ramasse les pièces d’une fontaine pour aller jouer aux jeux vidéos, se maquille avec sa sœur pour aller danser, récupère des vêtements dans les containers de la Croix Rouge...
Portrait d’une petite fille espiègle et débrouillarde dont la mère lutte contre l’administration et les préjugés pour offrir à ses enfants une vie décente. Pavee Lackeen offre une plongée dans le quotidien des Irish Travellers dans l’Irlande contemporaine.
|
|
|
(…) Winnie Maughan joue Winnie Maughan, sous une caméra portée à l’épaule par le cinéaste hypnotisé. « Tu cours, tu t’arrêtes, tu ne sais pas ce que tu fais », glisse une diseuse de bonne aventure à l’oreille de la fillette, dans la scène d’ouverture. Trois pas en avant, trois pas en arrière, Winnie impose au film le cours chaotique de sa vie. Fille du voyage (traduction du gaélique pavee lackeen) sédentarisée dans une caravane, elle s’évade en piétinant, parcourt des kilomètres en rond. Lorsqu’elle a trois sous, elle tricote des gambettes dans une salle de jeux vidéo, saute sur un tapis électronique qui compte ses pas et fait clignoter les félicitations qu’elle n’a jamais à l’école : « Good ! » Quand ses poches sont vides, elle traîne dans des magasins qui promettent un ailleurs qu’elle ne connaîtra jamais : un vidéo-club russe, un coiffeur afro, un commerce de babioles indiennes.
Mais le plus souvent, Winnie est accaparée par des tâches athlétiques de survie. Chaque journée est un parcours du combattant. Courir chercher de l’eau. Pédaler vers les décharges pour trouver de quoi s’habiller. Rouler en camion aux côtés de sa mère, à la recherche d’une nouvelle caravane. Fatiguée, Winnie souffle au cours de pauses mystérieuses, où elle s’absente d’elle-même. L’œil vague, elle se ronge les ongles, se gratte le menton, porte des objets à sa bouche. Ces tics troublants rappellent que Winnie est encore toute petite. Elle pose des questions courtes et naïves, cherche à nommer les objets qui l’entourent, passe du coq à l’âne, comme l’enfant qui découvre le langage. Toutefois, il est un sentiment enfantin que Winnie ne connaît pas : la colère. Ni résignée, ni rancunière, ni vindicative, Winnie occupe simplement la place à laquelle elle a droit. Elle nous jette son existence à la figure, avale la matière brute du présent. C’est la force de ce film engagé, au plus près des exclus, qui vous secoue sans ménagement, et vous hante longtemps.
Il y a fort à parier qu’après l’avoir vu vous ne passerez plus devant un container à vieux vêtements sans penser à cette scène ahurissante où Winnie reste coincée à l’intérieur…
Marine Landrot, Télérama – N° 2936 – 3 Mai 2006.
|
|
|
TARIFS
Plein tarif : 7 € • Demandeurs
d’emploi : 5,50 € • Etudiants, lycéens,
collégiens : 5 € • Adhérents Gros
Plan : 4 € par carnet de 10 tickets (valables jusqu'en
octobre 2007) • 4,50 € moins de 25 ans, ticket individuel • 6 € adulte,
ticket individuel. |
|