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Vendredi 23 mars 2007 à 20h30 - Studios du Chapeau Rouge

ŒDIPE ROI

De Pier Paolo Pasolini

 
  Oedipe Roi

En présence de Dimitri Kasprzyk, maître de conférence de langue et littérature grecques à l’Université de Brest (U.B.O.).


Dans le cadre de la Quinzaine de l’antiquité en Bretagne (12/25 mars) organisée par l' ARELA Bretagne (Association Régionale des Enseignants de Langues Anciennes en Bretagne).

 

Italie - 1967 - 1 h 50. D’après l’œuvre de Sophocle

Avec Franco Citti (Oedipe), Silvana Mangano (Jocaste), Alida Valli (Mérope), Carmelo Bene (Créon), Julian Beck (Tirésias), Ninetto Davoli (Angelo, le messager)...

Alors qu’il n’est encore qu’un enfant, Œdipe, sauvé par un esclave, est adopté par le roi de Corinthe. Un oracle lui apprend qu’il tuera son père et qu’il épousera sa mère. La prédiction se réalise un peu plus tard, sans qu’Œdipe en prenne conscience. Il tue, à la croisée de trois chemins, un voyageur qui n’est autre que son père. Mais Œdipe ne le sait pas. Il délivrera Thébès du Sphinx et, victorieux, il épousera sa mère. La peste ravage la ville. Créon, beau-frère d’Œdipe, consulte l’oracle et annonce qu’un meurtre impuni est la vraie cause du fléau...

 
 

Oedipe RoiŒdipe-Roi comprend quatre parties qui s’éclairent et se prolongent l’une l’autre. La première décrit la naissance d’un enfant dans une maison bourgeoise d’une petite ville italienne, dans les années 20.
(...) Cette introduction ne dissimule pas un caractère autobiographique. Elle amène sans solution de continuité à un autre Œdipe, l’Œdipe légendaire de la Grèce archaïque, enfant abandonné pieds et poings liés sur le mont Cithéron infesté de serpents, où il est recueilli par un berger. Au « vert paradis » de l’Italie provinciale font place des paysages arides (le film a été tourné dans le Sud-Marocain), puis de grandes maisons austères et rouges, tandis que la mise en scène, sans rien perdre de sa fluidité, de sa magie, s’astreint au réalisme des gestes et des détails. Réalisme relatif d’ailleurs et tout imprégné de baroque, car Pasolini « imagine » la Grèce archaïque avec une totale liberté, invente masques et costumes, multiplie les « correspondances » (art africain, chansons populaires roumaines), etc.
A cette évocation inspirée, à cette fresque d’une Grèce « moyenâgeuse », fait suite la tragédie d’Œdipe devenu roi, tragédie dont les épisodes se rattachent plus directement à l’œuvre de Sophocle. Notons cependant que Pasolini n’a nullement cherché à illustrer le grand tragique grec : il a au contraire tenté de l’« intégrer » à son film, puisque aussi bien, pour reprendre le mot appliqué par Jan Kott à Shakespeare, Sophocle aussi est « notre contemporain ».
(...) L’époque contemporaine rejoint la légende, le réalisme imprègne le symbolisme et vice-versa. L’Italie industrielle et la Grèce archaïque. La vie quotidienne sur une terre aride et la fantasmagorie des costumes et des masques. Un héros qui a la « présence » d’un homme simple, d’un homme d’action, et sa mère et amante qui a l’« absence » d’une figure spectrale (fascinante Silvana Mangano, hiératique, le visage immobilisé par un masque blanc qui ne laisse apparaître que les yeux et les lèvres).


Jacques Chevallier, La Revue du cinéma - N° 224 - Janvier 1969.

 
 

(...) Le thème d’Œdipe est ressaisi à sa source. Pasolini a choisi le style heurté, tremblant du reportage. Ses décors, ses costumes, ses musiques sont empruntés aux cultures les plus diverses, de l’art africain au folklore roumain avec un détour du côté de la musique japonaise. Mais toutes les cultures ont en commun de toucher très violemment les fibres de notre sensibilité actuelle, sans que nous sachions exactement dire pourquoi. Ou plutôt si : à travers la figure de totem du sphinx, ou le maquillage japonais de Sylvana Mangano-Jocaste, c’est très soudainement, un appel des profondeurs qui nous bouleverse, un mélange d’attirance et d’horreur, où nous retrouvons précisément la passion d’Œdipe en ce qu’elle a de forcené.


Claude-Jean Philippe, Télérama - Octobre 1962.

 

 

ARELA Bretagne

(Association Régionale des Enseignants de Langues Anciennes en Bretagne).
Contact : Mme Françoise Marquant - 02 29 62 34 02 - www.arela-bretagne.levillage.org

 

 

TARIFS

Plein tarif : 7 € • Demandeurs d’emploi : 5,50 € • Etudiants, lycéens, collégiens : 5 € • Adhérents Gros Plan : 4 € par carnet de 10 tickets (valables jusqu'en octobre 2007) • 4,50 € moins de 25 ans, ticket individuel • 6 € adulte, ticket individuel.

 
 

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