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2006/2007 > L'Amour d'une femme |
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Dimanche
17 septembre 2006 à 17h - Studios du Chapeau Rouge
L'AMOUR D'UNE FEMME
De Jean Grémillon |
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En présence de Tangui Perron, historien et auteur du Cinéma en Bretagne (Ed. Palantines).
Dans le cadre des Journées européennes du Patrimoine.
En collaboration avec les Editions Palantines et la Cinémathèque de Bretagne. |
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| France/Italie - 1953 - N&B - 1 h 38
Scénario Jean Grémillon Adaptation et dialogues René Fallet, René Wheeler, Jean Grémillon Photo Louis Page Montage Marguerite Renoir Son Jean Rieul Musique Henri Dutilleux, Elsa Baraine Décors Robert Clavel Production Film Costellazione Produzione, Italie
Avec Micheline Presle (Marie Prieur), Massimo Girotti (André Lorenzi), Gaby Morlay (Mlle Leblanc), Marc Casso (Marcel), Roland Lesaffre (Yves), Julien Carette (Le Quellec, le sacristain), Paolo Stoppa (le curé), Yvette Etiévant (la femme de Le Quellec).
Marie Prieur, une doctoresse vient s’installer sur l’île d’Ouessant. Rencontrant d’abord l’hostilité des habitants, elle est peu à peu acceptée grâce à ses compétences et à sa gentillesse et devient l’amie de l’institutrice, Melle Leblanc. Marie tombe amoureuse d’un ingénieur italien qui dirige des travaux sur l’île. Il lui propose de partir et de l’épouser mais lui demande d’abandonner son métier… |
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Dernier long métrage de Jean Grémillon et 4ème film qu’il tournera en Bretagne (Gardiens de phare en 1928-29 à Saint Guénolé, Remorques à Brest en 1939 et Pattes blanches à Erquy en 1948), L’Amour d’une femme affirme le point de vue, moderne à l’époque, d’une femme qui ne veut pas choisir entre son métier qu’elle aime passionnément et une vie de mère de famille. Si Grémillon choisit la Bretagne comme lieu de tournage c’est pour donner à ses films un ancrage réaliste que ce cinéaste, qui commença par tourner de nombreux documentaires, mît toujours en avant. On sait combien les décors peuvent renforcer l’âme de l’histoire et des personnages : l’île d’Ouessant et ses tempêtes accompagnent la détermination de Marie Prieur interprétée par Micheline Presle.
Si L’Amour d’une femme est un film moderne, c’est certes moins à cause d’un féminisme proclamé avec embarras que pour une mise en scène plus discrète de la liberté individuelle – qui rejoint le Rossellini de Stromboli, aussi bien que les Powell et Pressburger de Je sais où je vais. On pourrait dire que cette liberté passe par la redécouverte d’un certain archaïsme, par une volonté solitaire de se confronter à la contingence, à l’obstacle, à l’indifférence de l’univers. Par là, Grémillon accompagne les conquêtes du néo-réalisme, tout en revenant vers un tragique nietzschéen qui est l’une des sources cachées de son inspiration : essentiellement, il lui importe d’affirmer la constance d’une subjectivité face aux flux et aux reflux de la vie et de la mort, de décrire une maîtrise de soi qui se hausse toujours un peu plus au-dessus de la nature.
(…)
Mais, si la mort est omniprésente, la vie aussi fait retour : par deux fois, avec la guérison d’une enfant et l’opération d’un jeune homme, nous assistons pratiquement en temps réel à une résurrection qui n’a rien de miraculeux, qui manifeste une possibilité concrète de faire vivre les corps faute de pouvoir relever les âmes. Dans une société où l’Eglise et l’Ecole ne prêchent plus que dans le désert, le médecin finit par apparaître comme le double du cinéaste thaumaturge que fut Jean Grémillon – d’autant plus apte à refléter sa singularité qu’elle est une femme, accomplissant sa vocation contre les traditions d’un territoire ; s’obstinant comme lui, fût-ce au prix de l’isolement et de l’incompréhension, à rester avec ce qui meurt et à en sauver les formes visibles.
Noël Herpe, Positif - N° 494 - Avril 2002.
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Le 9 décembre 1953 a eu lieu à Brest la première mondiale du dernier film de Jean Grémillon : L’Amour d’une femme.
L’organisation de cette séance a été le résultat de la conjonction des efforts du metteur en scène, de l’exploitant et du ciné-club brestois. Cette expérience prouve que, pour le plus grand bien du cinéma, l’entente et la collaboration sont possibles entre ces trois pôles du cinéma : l’auteur, le directeur de salle et le ciné-club, c’est-à-dire le public.
Au lieu d’une grande première classique avec toilettes tapageuses, attractions et discours, ce fut une séance pleine d’intérêt au cours de laquelle le public brestois apprit à connaître et à aimer Jean Grémillon qui, lui, ne s’est jamais « guéri » de Brest ! Et c’est cela qu’il tint à souligner dans la présentation du film : l’amour profond qu’il a gardé pour ce pays et ses habitants. De nombreux Ouessantins avaient « passé la mer » pour venir assister à la projection de ce film qui est un peu le leur. Lorsque Jean Grémillon s’est entretenu avec eux, nous avons senti combien il tenait à rester proche de ces gens simples qui, par de petits souvenirs évoqués, lui témoignaient une affection émouvante. Dans le film ils s’étaient reconnus, et leur attitude montrait combien les avait touchés cette compréhension de leur vie et de leur horizon.
Le public qui composait la salle, le soir de cette première de L’Amour d’une femme, était très varié : gens d’Ouessant, employés de Brest, marins, commerçants, fonctionnaires, notabilités. Ces dernières avaient répondu avec beaucoup d’empressement aux invitations lancées, malgré la concurrence le même soir d’un concert et d’une conférence. Ce qui montre encore que point n’est besoin de transformer une première mondiale en cirque pour lancer un film. Le public, si décevant parfois, aime qu’on le prenne au sérieux, peut-être plus encore en province qu’à Paris.
La discussion qui suivit le film retint les « mordus » jusqu’à une heure du matin. Le sujet de L’Amour d’une femme est extrêmement actuel et touche à une question dont une grande partie du public éprouve quotidiennement l’importance : la part que prend le métier dans la vie d’une femme. Micheline Presle, doctoresse à Ouessant, Massimo Girotti, ingénieur de passage dans l’île… L’île et la mer imposent leur présence tout au long du film.
On retrouve la merveilleuse justesse de ton de l’auteur de Lumière d’été et du Ciel est à vous. La vie humble des petites gens de l’île, leurs soucis, leurs joies simples, leur ingratitude parfois, mais par-dessus tout la profonde solidarité de ces insulaires. Gaby Morlay et Carette tiennent les rôles de liaison auxquels Grémillon attache beaucoup d’importance. Par eux, nous passons du plan de la vie quotidienne dans l’île au plan du drame de Micheline Presle.
Dans la discussion, Grémillon, après avoir répondu aux questions posées par les spectateurs sur la conception même du sujet, donna des détails pittoresques sur certaines conditions de tournage. Enfin le public se montra très sensible à la qualité de la photographie, où la maîtrise de Page s’était affirmée une fois de plus.
A la fin de la séance, metteur en scène, exploitant et Ciné-Club pouvaient se dire, sans fausse modestie, qu’ils avaient collaboré utilement au développement du sens critique du « spectateur moyen » et donc au but même que se proposent les cinés-clubs !
J. Guillou, (Ciné-club brestois), Cahiers du cinéma - N° 32 - Février 1954
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 Les lieux des cinéastes s’imposent parfois comme une évidence. Parfois encore, le lieu est choisi. Il est alors lieu mental et souvent rien que cela : ainsi, pour le Paris de Lubitsch ou la Rome de Fellini, la reconstitution en studio paraît-elle indispensable. Fait rare, la Bretagne choisie par Grémillon restera réelle, marquée par le regard du documentariste ; seul le tournage difficile de Remorques pourra lui faire avoir recours au studio.
Dans l’ignorance où nous sommes d’Un tour au large, quatre films témoignent de l’attachement de Grémillon à la Bretagne, quatre de ses chefs-d’œuvre les plus indiscutables : Gardiens de phare (Saint Guénolé), Remorques (Brest), Pattes blanches (Erquy) et L’Amour d’une femme (Ouessant).
Christian Viviani, Bretagne et cinéma par Jean-Pierre Berthomé et Gaël Naizet
Ed. Apogée/Cinémathèque de Bretagne (1995).
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Jean Grémillon
Il nait le 3 octobre 1901 à Bayeux (Normandie) dans une famille d’origine bretonne dont le père travaille aux Chemins de fer de l’Ouest. Il sera élève au Lycée à Brest. Après des études musicales (violon), il joue dans des orchestres de cinéma. Dans les années 20, il réalise de nombreux films documentaires ; Maldone est son premier long métrage.
FILMOGRAPHIE
Tour au large (1926), Maldone, Gratuites (1927), Bobs (1928), Gardiens de phare (1929), La Petite Lise (1930), Daïnah la métisse (1931), Pour un sou d’amour (1931/32), Le Petit babouin (1932), Gonzague (1933), La Dolorosa (1934), ¡ Centinella alerta !, Valse royale (1935), Les Pattes de mouches (1936), Gueule d’amour, L’Etrange Monsieur Victor (1937), Remorques (1939/41), Lumière d’été (1942), Le Ciel est à vous (1943), Le Six juin à l’aube (1944), Pattes blanches (1948), Les Charmes de l’existence (1949), L’Etrange Madame X (1950/51), Les Désastres de la guerre (1951), Astrologie ou le miroir de la vie, Caf’conc’, Alchimie (1952), L’Amour d’une femme (1953), Au cœur de l’Ile de France (1954), La Maison aux images (1955), Haute lisse (1956), André Masson et les quatre éléments (1957/58).
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23è Journées européennes du patrimoine
Samedi 16 & dimanche 17 septembre 2006, 14 h / 18 h
L’Amour d’une femme est programmé dans le cadre du Circuit promenade : Saint Mathieu et son Chapeau Rouge
Retrouvez trois autres itinéraires de découverte originaux et ludiques, à suivre en famille ou entre amis, sur les livrets-jeux édités à cette occasion, disponibles dans les lieux suivants : le Quartier, la Maison du patrimoine, le Musée des beaux-arts, le Musée départemental breton et la MPT de Penhars.
• Il était une fois Penhars : De la ferme à la ville. Jeu-concours.
• A la recherche de la maison mystère : Ergué-Armel et les années 30. Jeu-concours.
• Les secrets de Quimper : Une enquête dans les ruelles du vieux Quimper. Jeu-concours.
Animation du patrimoine / Maison du patrimoine 5, rue Ar Barz Kadiou 29000 Quimper
02 98 95 52 48 - secretariat.patrimoine@mairie-quimper.fr - www.mairie-quimper.fr
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TARIFS
Tarif unique : 3 €. |
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ASSOCIATION
GROS PLAN 27, rue du Chapeau Rouge 29000 Quimper
tél: 02 98 53 74 74 cine.plan@wanadoo.fr www.gros-plan.org
© Association Gros Plan
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