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Mardi 12 décembre 2006 à 20h30 - Studios du Chapeau Rouge

LES ENFANTS

De Marguerite Duras

 
  Les Enfants

En présence d’Eric Vigner, directeur du CDDB de Lorient et metteur en scène.
En collaboration avec la Bibliothèque de Quimper-Communauté.

 

France – 1984 – Couleurs – 1 h 34

Avec Alexander Bougosslavsky (Ernesto), Daniel Gélin (Enrico), Tatiana Moukhine (Natasha), Martine Chevalier (Nicole), André Dussolier (le directeur d’école), Pierre Arditi (le journaliste).

Ernesto n’est pas un enfant comme les autres. Il a 7 ans mais en paraît 25. Un jour, il annonce à ses parents son intention de quitter l’école car il ne veut pas apprendre ce qu’il ne sait pas.

 
 

« Il s’agit d’un film comique infiniment désespéré dont le sujet aurait trait à la connaissance. »

Marguerite Duras

 
 

Le coup de génie des Enfants, c’est d’avoir fait jouer le personnage d’Ernesto (un enfant de sept ans) pas un acteur qui en a quarante. Tous les effets comiques (l’acteur, avec son air dubitatif, est le sosie de Stan Laurel alors que, filmé de profil, sa silhouette ressemble étrangement à celle de Jean-Marie Straub), viennent de là. Mais ce qui est le plus fort, c’est que ce décalage entre l’acteur et le personnage devient en retour le moteur de la mise en scène et qu’il n’épargne aucun des personnages de la fiction. Lorsque Ernesto est confronté aux autres, à ses parents, au directeur de l’école ainsi qu’au journaliste qui se penche sur son cas, on ne sait jamais ce que ces personnages voient, s’ils parlent au personnage (l’enfant de sept ans) et font abstraction de l’acteur, allant jusqu’à ignorer qui joue le rôle (comme si le spectateur était le seul à voir en permanence l’acteur dans son personnage). Il y a des moments où c’est le contraire : on a l’impression qu’ils ne voient que l’acteur, s’adressant à lui parce qu’ils n’arrivent plus à croire en son personnage. Le drame de ces personnages, c’est qu’ils n’arrivent pas à réunir les deux en même temps, en une seule image, tandis que le spectateur les a sous les yeux en permanence, assistant au spectacle de ce perpétuel va-et-vient. De manière générale, les parents d’Ernesto (l’amour est aveugle) ont tendance à voir le personnage. Ce sont eux qui parlent le plus de ses sept ans alors que l’institution, incrédule, voit plus court, au ras du corps de l’acteur et de ses quarante ans. Entre ces deux regards, d’amour et de conviction, le spectateur ne sait plus comment voir les choses et les gens qu’on lui montre. Alors, en attendant, face à ce chaos pathétique, il rit.

Charles Tesson, Cahiers du cinéma - N° 370 - Avril 1985.

 
 

EXPOSITION MARGUERITE DURAS DANS LES ANNEES 1990 - Coll. Jean Mascolo

Bibliothèque de Quimper Centre - jusqu’au 2 décembre


« Dix ans après sa disparition, chacun a en mémoire le visage, la voix, l’histoire ou surtout, le style de marguerite Duras : par sa vie et par la nouveauté radicale de son écriture, elle s’impose comme l’une des figures littéraires les plus marquantes de la seconde moitié du XXe siècle…
Les archives conservées par l’IMEC ainsi que les très nombreuses photographies conservées par Jean Mascolo permettent de retracer la trajectoire de l’écrivain ; il s’agit de donner à voir et à comprendre la manière dont l’écriture et la vie s’imbriquent et se mêlent pour donner naissance à ce qui fait, inimitable, le style Marguerite Duras… »

S. Bogaert


Exposition réalisée par la BPI (bibliothèque d’information, Centre Georges Pompidou) et l’IMEC (Institut mémoires de l’édition contemporaine).

 

 

TARIFS

Plein tarif : 5 €

Adhérents Gros Plan, demandeurs d’emploi, étudiants, lycéens, collégiens, moins de 25 ans : 4 €

 
 

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