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Kirikou et la sorcière Réalisation : Michel Ocelot France/Belgique/Luxembourg - 1998 - 1 h 10
Le minuscule Kirikou naît dans un village d’Afrique sur lequel une sorcière, Karaba, a jeté un terrible sort : la source est asséchée, les villageois rançonnés, les hommes sont kidnappés et disparaissent mystérieusement. Kirikou, sitôt sorti du ventre de sa mère, veut délivrer le village de son emprise maléfique et découvrir le secret de sa méchanceté.
Michel Ocelot, qui s’est inspiré de contes africains, nous livre un dessin animé coloré, drôle et vif. Il donne à cette histoire des résonances intemporelles, en évitant pesanteur et didactisme. Son petit personnage n’a jamais peur, il réfléchit et agit avec plus de sagesse qu’un « grand ». Il incarne bien sûr le courage, la raison, la persévérance… Mais ce message n’est jamais appuyé. Au contraire : le ton est à la légèreté. L’image joue des contrastes, s’amuse à opposer la taille du gamin à celle de ses aînés, puis à l’immensité de la savane. De la même manière, c’est dans le balancement entre la fantaisie de l’aventure et la grandeur éternelle de l’Afrique que ce film trouve son originalité. Avec ses plages d’émotion : avant de retourner au combat, Kirikou se blottit sur les genoux de son grand-père devin. C’est tout simple et très beau. Les décors semblent sortis de l’imagination d’un Douanier Rousseau africain. Parfois, le graphisme va jusqu’à la stylisation extrême : quand Kirikou entre dans le terrier d’une famille d’écureuils, l’écran est presque entièrement noir et l’enfant apparaît en ombre chinoise dans un boyau lumineux. Tant de jeux graphiques, de fraîcheur et de sensualité mêlés donnent à ce dessin animé un souffle magique. La sorcière vous ensorcellera ; Kirikou vous enchantera. Bernard Génin, Télérama.
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