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Jacquot de Nantes  

d’Agnès Varda

France - 1991 - Couleurs et Noir et Blanc - 1 h 58
Interprètes :  Philippe Maron (Jacquot 1), Edouard Joubeaud (Jacquot 2), Laurent Monnier (Jacquot 3), Brigitte de Villepoix (la mère), Daniel Dublet (le père)...

 

Il était une fois un garçon élevé dans un garage où tout le monde aimait chanter. C’était en 1939, il avait 8 ans, il aimait les marionnettes et les opérettes. Puis il a voulu faire du cinéma mais son père lui a fait étudier la mécanique... C’est de Jacques Demy qu’il s’agit et de ses souvenirs, c’est l’évocation d’une vocation, filmée par celle que Jacquot a rencontré en 1958 et qui a partagé sa vie depuis ; c’est une enfance heureuse qui nous est contée, malgré les événements de la guerre et de l’après-guerre.

 

Jacquot de Nantes est plus qu’une évocation : c’est la genèse d’une passion peu commune. Celle d’un enfant pas tout à fait comme les autres qui devient sous nos yeux l’un des plus grands cinéastes de sa génération. Tout le talent d’Agnès Varda est d’avoir su, tout en conservant le charme de la chronique, nous entraîner dans cette passion. Rarement film était parvenu à nous plonger avec autant de clarté au cœur du processus de la création artistique. La pédagogie rejoint d’ailleurs l’art quand la réalisatrice se met à illustrer les repères biographiques ou artistiques de Demy par des morceaux choisis de son oeuvre. Sont édifiées les passerelles qui relient la vie du cinéaste à son univers enchanté... (...)
Y. A., La Saison cinématographique 1991.


Varda ne raconte pas ici les souvenirs d’enfance de Jacques Demy. Elle cherche à retrouver ce qui fait la continuité du rêve d’un homme d’âge mûr, qui vit à côté d’elle et dont elle part, non pour reconstituer un passé mais pour peser, au creux de quelques images, le projet d’une vie. (...) S’il n’est donc pas besoin, pour apprécier Jacquot de Nantes, d’être un fervent amateur du cinéma de genre (reconstitution touchante avec blouses grises), il est tout aussi inutile d’être un inconditionnel du cinéma chantant de Jacques Demy. (...) Ce qui compte ici, ce sont les bouffées d’imaginaire qu’il représente et ses rapports complexes avec la réalité. Demy aimait précisément à rêver celle-ci, à faire chanter les pompistes, danser les manifestants, à transformer en fées les personnages quotidiens. (...)
Vincent Amiel, Positif - N° 365-366 - Juillet/Août 1991.

 

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